Tomoko Sauvage — Ombrophilia

Tomoko Sauvage est japonaise et vit à Paris. Formée d'abord à la musique carnatique et jouant des ragas, elle a développé depuis quelques années son propre instrument, unique et modulable : un jeu de bols de porcelaine de taille variable, remplis d'eau, dont elle joue comme d'une percussion mélodique. Avec cet outil, elle a élaboré Ombrophilia, un premier album d’abord paru sur le label and/OAR, puis réédité en vinyle chez Aposiopèse Éditions. A l’écart des hypes, bien que reliée à quelques traditions occidentales et orientales bien repérables, la musique d’Ombrophilia réconcilie musique concrète et musique ethnique, recherche abstraite et field recording.
Cet instrument est inspiré du jalatharangam, un instrument composé de bols de porcelaine remplis d'eau, qu'on frappe avec des batons de bambou. C'est une sorte de croisement inattendu entre la marimba, le gamelan et le field recording puisque le son de l'eau se mêle constamment à celui du bambou et de la porcelaine. L'instrument de Tomoko n'est pas un calque direct du jalatharangam. Elle l'a plutôt conçu progressivement, de façon à en faire, selon ses mots, un « synthétiseur naturel, un système électro-acoustique qui a recours à des hydrophones (des micro sous-marins) immergés dans des bols de porcelaine de différents formats et remplis d'eau ».
Tomoko raconte la genèse de l'instrument : « J'ai vu un jalatharangam pour la première fois à Paris en février 2006, lors du concert "Nuits indiennes", où jusqu'au matin, des groupes de musique rajasthani et carnatique s'étaient succédés, mais aussi Terry Riley en personne qui a joué In C. (…) Cette nuit-là, c'était le virtuose Aanayampatti Ganesan. (…) J'ai tout de suite commencé à frapper des bols dans ma cuisine, avec des ustensiles ordinaires. J'ai acheté davantage de bols dans le quartier chinois pour les accorder aux ragas que j'étudiais à cette époque. Au départ, j'improvisais sur de la musique classique indienne, avec un orgue qui me donnait la tonalité du raga comme le fait le tambura. Progressivement, le son de l'eau elle-même m'a fascinée, le vibrato des vagues et le toucher de l'eau - élément auquel je suis attachée depuis toujours. Puis j'ai utilisé des hydrophones pour capturer le son subtil des vagues et des gouttes d'eau qui résonnent dans les bols en porcelaine,  la musique en est devenue plus fluide et aléatoire ».
De la percussion rustique bricolée sur des ustensiles de cuisine au système électro-acoustique, il y a quelques pas que Tomoko a franchi entre 2006 et 2008, époque où elle a enregistré les septmorceaux d’Ombrophilia, parfois en plusieurs versions (c'est là qu'on entend le « caractère aléatoire » de la musique qu'elle évoquait). Entre deux, il y a un ensemble de titres où Tomoko capte le son de ses bols depuis l'extérieur, en les frappant avec des fils de fer et des cuillers en bois. Les compositions les plus complexes restent tout de même celles enregistrées avec les hydrophones. Les sonorités y sont mouvantes, changeantes ; elles évoluent de manière instable entre la nappe, la note qui s'évapore peu à peu et le son concret ; elles donnent tout à la fois la sensation d'être immergé dans l'élément liquide, de se tenir à côté et d'écouter la musique avec un casque. Tout un ensemble de gestes à la fois savants, complexes et rudimentaires s'invente pour faire résonner les masses d'eau : toucher sa surface, y immerger des objets, provoquer des vagues dans l’enceinte des bols, laisser tomber des gouttes à la surface de l’eau sont quelques-unes des opérations conçues par Tomoko.
L'ensemble a été monté en multipiste et des field recordings réalisées dans le sud de l'Inde ont été ajoutés, dans lesquels on peut entendre notamment des enregistrements d'Aanayampatti Ganesan. Un peu comme avec les Paysage ornithologiques de Bernard Fort, l’électronique et le montage se font à peine sentir. Transparents, ils n’ont qu’un rôle d’organisation ; ils produisent l’infime écart qui distingue la simple captation de l’écriture. Leur rôle est pourtant essentiel : ils font de la musique enregistrée ici un réseau mystérieux, où des structures apparaissent et disparaissent, se tendent et se distendent, dont le sens s’échappe constamment et qu’on sent dirigé par une logique secrète et impalpable. Cette logique, c’est celle de la matière sonore, exploitée avec discrétion.
Trop de discrétion, peut-être ? Difficile de dire : le dispositif sonore impose sa loi. S’il a quelque chose d’un peu systématique, d’un peu muséal, il fait tout de même entendre l’accord profond qui relie la musicienne à son outil de travail
. Release : Bandcamp

Chronic'art



Residente a Parigi da quasi un decennio ma nata e cresciuta a Yokohama, la dolce fanciulla giapponese Tomoko Miyata aka Sauvage è potenzialmente il nuovo volto artistico di musica d'avanguardia e sperimentale del Sol Levante. È bastata qualche traccia rilasciata nel 2008, giusto per scaldare gli animi e per farsi ovviamente conoscere, per convincere - appena l'anno seguente - l'etichetta indipendente either/OAR a puntare su di lei, facendole pubblicare quello che finora è l'unico album ufficiale intitolato "Ombrophilia".
Già, proprio così, "Ombrophilia" è un disco di qualche anno fa, e che passò inspiegabilmente inosservato. La neonata label franco/belga Aposiopèse, ristampandolo in vinile, lo ripropone sperando di ottenere un maggiore interesse di pubblico.
Se la musica sprigionata dai dronici rumori della più nota Sachiko manifesta caos e sensi di dolore interiore, le ammalianti note di Tomoko Sauvage, per contro, sono sempre semplici e lineari, in un certo senso rassicuranti e di rinascita spirituale.
La strumentazione utilizzata da Tomoko, quella che la porta a creare quelle sue piacevoli e avvolgenti performance sonore, è davvero particolare: attraverso lo sfregamento e le lievi percussioni di cucchiai di legno e fili metallici su vari set di ciotole di porcellana colme d'acqua ottiene svariate frequenze di rumori che, catturate da un idrofono posto in prossimità o in immersione, determinano quelle sensazioni di trovarsi realmente all'interno di una sacca di liquido amniotico.
È l'acqua, dunque, lo scenario principale, e se è vero che dove c'è acqua c'è vita - come ripetono da anni biologi e scienziati di vario tipo - bene, allora "Ombrophilia" è un disco vitale, sognante, pensieroso, meditativo e assai stimolante. Perché incuriosire e stuzzicare il cervello umano cercando acqua allo stato liquido e forme di vita laddove ci sono distese di aridi deserti quando in questo bel pianeta Terra ne abbiamo anche fin troppa e per lo più la sprechiamo? La risposta è in quest'album, ovvero come utilizzare al meglio la cosiddetta H2O.
L'abilità di Tomoko nel giocare con l'acqua, coi riflessi e le onde sonore che si propagano verso l'ambiente circostante, ti fanno chiudere gli occhi e tempo un attimo cominci a pensare a petali di fiori di loto che, portati da soffici folate di vento, si adagiano dolcemente sulle rive di un lago malinconicamente ghiacciato; a lacrime di rugiada invernale che cadono ad intermittenza su una marmorea e gotica lapide, ma anche a religiose cerimonie di meditazione di un tempio buddista arroccato tra le montagne del Tibet.
"Ombrophilia" è una sorta di rivisitazione moderna e orientale, ma soprattutto un omaggio allo Jalatarangam, lo strumento indiano composto di ciotole in ceramica o metallo sintonizzate con acqua. Sarebbe curioso indagare se la temperatura dell'acqua influenzi o modifichi le sonorità come accade per lo stato molecolare o per quelle sensazioni di caldo/freddo che si hanno sulla pelle. Accontentiamoci e non poniamoci altre domande, anche perché in periodi di crisi mondiale come questi ultimi anni l'uso dell'acqua calda è un lusso.


Ondarock



Tomoko Miyaka Sauvage är född i Yokohama. Nog märks ursprunget i musiken. Stillastående, meditativt. Hon spelar på porslinsskålar och andra kärl fyllda med vatten. Klangen är spröd, tidslinjen är upphävd. Ljudet är excellent. Hon har själv inte bara spelat men spelat in och mixat. Totalkoll; också vad jag förstår på det egenartade omslaget, där mängder av mynt glittrar i ett kärl, på en gräsmatta och ett vatten, där även ett träd speglar sig. En total artists' record.
I styckenas titlar återkommer vatten och natur, de antyder att hon sysslar med att imitera regndroppar bland annat. Ett stilla skval, stril och förströdda rytmer bygger upp varje stycke. Då och då använder hon något slags metalltråd för att framkalla toner, som svajar och gungar. De allra minsta nyanserna är viktiga. Här verkar mycket litet komma till på slump.
Däremot kontroll. Det är fängslande att lyssna till en vag stegring, då tonklungor sprött stegras som en regnskur samtidigt som hon gör oss uppmärksamma på vattnets möte med marken. Musiken blir likt en spegling i ett vatten, där himlen speglar sig. Små rörelser, ovanliga vanliga ljud har samlats. Jag kommer att tänka på konstnären Curt Asker, när han för länge sedan skulle förklara för mig vad han höll på med. Framför en oansenlig vattenpuss i Paris höll han, betraktade den lätta krusningen, som bröt sönder den speglade himlen i tusentals fragment, innan han böjde sig ner och lyfte upp ett trasigt stycke cigarett papper. Han slätade ut det i handen. Innan vi gick såg han än en gång ner i vattenpölen, som nu stillats.
Det var teckningen han var ute efter, den lilla linjen i ljuset. Det går att översätta till Tomoko Sauvages musik. Detta är inga processer, snarare betraktade ögonblick, där hon dröjer länge. Hon tar tid på sig att redogöra för vad hon upplever. Det rör sig inte i första hand om känslor, desto mer om sinnen. Inte en ton är väntad, inte en ton onödig, alla ljud spelar med, ibland mycket komplext; ändå känns det mesta bekant. Som att se på nytt, höra på nytt. Just det. Vatten! En berättelse större än vad många musiker förmà.

Sound of music




Pour cette japonaise qui vit à Paris, le fait d'avoir vu Aanayampatti Ganesan à la cité de la musique a été un véritable déclic. Ce musicien spécialiste du jalatharangam a été le déclencheur de la démarche musicale de Tomoko Sauvage. Le jalatharangam consiste à mettre en place une série de bols de porcelaine ou de métal remplis variablement d'eau sur lesquels on tape avec des baguettes en bambou. Les sons qui sont alors dégagés par ces bols sont proches de ce que l'on peut entendre avec le xylophone ou le gamelan (encore lui...).

L'idée de Tomoko Sauvage a été de remplacer les baguettes par un système de goutte à goutte alors que dans les bols elle aurait placé des micros hydrophones qui enregistrent l'impact des gouttes et l'ondulation de l'eau. Son concept artistique arrêté elle sort un premier disque en collaboration avec Gilles Aubry (Apam Napat) en 2008 mais entre 2006 et 2008 elle enregistre seule plusieurs pièces. Ombrophilia en est le témoignage et paraît une première fois en 2009 sur either/OAR.

En 2012, c'est le label Aposiopèse qui réédite l'album en vinyle cette fois et avec un nouveau visuel. Mais l'essentiel est là, cette musique tonale, faite de ruissellement et d'ambiances irréelles. Même si l'idée vient d'une culture indienne, l'impression qui est donnée sur ce disque est que l'on est plongé dans ces jardins japonais où le temps semble suspendu à jamais. A chaque fois que ce genre de musique résonne à mes oreilles je pense irrépressiblement au film Gohatto (Tabou en frenchie) et à sa scène finale. Avec ce défilement tonal et volontairement irrégulier Tomoko Sauvage imprime un naturalisme musical apaisant. Voyage méditatif où l'aléatoire est le maître mot de la démarche de l'artiste, Ombrophilia est dès lors de l'ordre de l'intime, de l'introspectif, un regard complètement détaché du monde.
Une belle démonstration de maîtrise mais aussi d'énergie créatrice où l'on voit que les possibilités sont infinies.

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Ombrophilia is a beautiful recording of electro-acoustic (or rather, “electro-aquatic“) music, inspired both by the minimalism of Terry Riley, and by music made on south Indian jalatarangam, porcelain water bowls played with bamboo sticks.
Ombrophilia means ‘an abnormal love of rain’, and here’s one artist’s exploration of rain’s patter-physics: Japan-born, French resident Tomoko Sauvage‘s first solo album, on which she uses water bowls to amplify and synthesise the inimitable shimmer of waterborne sound’s random motions. It was initially released in 2009 on the and/OAR label, but is newly available either as a vinyl edition on French label Aposiopèse, or as a digital download via Bandcamp.
The album’s three opening pieces meander through the gentle rippling of “Amniotic Life” to more agitated waters. Dripping sounds and a rustle of wind-chime sonorities on “Raindrop Exercise” create a rich, lustrous, and distinctively aquatic tintinabulism, a sound developed further, on the more complex “Mylapore”, as ecstatic, clangorous ritual.
Vinyl ‘Side A’ concludes with the relatively intimate, lushly multivalent “Making of a Rainbow”, comprising the amplified sounds of many small drips and drops resonating.
Sauvage takes a playfully tactile approach, gently agitating – “flicking, stirring, waving and dripping” – water held in porcelain bowls, resonating them mostly without touching their surfaces; using underwater microphones to capture sounds which she then subjects to subtle electronic processing. She does little to disguise, but rather amplifies the watery essence of her music, so that much of Ombrophilia has all the seductive, immersing intrigue of a field recording.
On “Jalatarangam Revisited”, however, individual sonorities are stretched and shifted, and layered to become a swelling, glistering cloud that dissipates almost as soon as it starts to cohere. Here, Sauvage gets more ‘hands on’, playing her waterbowls with wooden spoons and metal wire.
In further contrast to the chiming timbres dominant on ‘Side A’, a second take on “Amniotic Life” amplifies its quotient of softer, gong-like sounds, inducing in this listener a muzzy sense of torpor. Also in the mix here are subtle drones, perhaps produced by audio feedback between hydrophones and loudspeakers.
While Sauvage’s music mostly inspires wakefulness, a concluding return to “Raindrop Exercise” is likewise narcotic, an exercise in rainfall gamelan that cries out for experimentation with looping and opiates.

Sauvage imbues her music with the liquid unpredictability of her primary sound source, and renders each individual sound as a vivid sense impression. I can easily imagine that her art is extremely effective in installation settings, with unique spatial resonances and site-specific ambience exploited to the maximum; but Ombrophilia offers it in crystalline distillation, multitracked and artfully edited on hard disc.

Dalston Sound



My interest was immediately siezed when I grasped that this is what I was dealing with. I am thankful to have been made aware of this.

An album of the sounds of porcelain bowls filled with water, and their surrounding acoustic artifacts, sometimes enhanced with field recordings, then layered and/or otherwise edited by computer.
Being an avid admirer of artists such as Jeph Jerman and Michael Northam, I hear this recording as being in a vein of similar taste. It deals somewhat with the automatic / non-performance sorts of creation more focused in Jeph Jerman’s work, and contains the organic naturalism found in both artists’ recordings. Of course there are distinguishing differences, perhaps most noted in the use of a computer, and Sauvage’s focus on resonant bowls of water.
I will say that for me Robert Hampson is somewhat of a touchstone here, too, being an electro-acoustic composer slanted toward naturalism, aesthetically at least if not so ideologically as Jerman & Northam are. Feelings at various points in this recording remind me of those evoked by some of Hampson’s recordings heavier on the unidentifiable  sounds of natural origin.
The approach is largely based on the foundation of “jalatarangam, a rare, disappearing instrument of traditional south Indian music, porcelain bowls filled with water tapped with bamboo sticks.” (From the press release.) She has taken this instrument / technique and made it her own by way of adding hydrophones and other objects to elicit and sculpt interesting sounds. Soft, moist, smooth sounds; harmonizing and reflecting in bewitching ways, sometimes forming melodies that work like free verse buoying a few concise recurrent themes. It’s mentioned that Sauvage was influenced by Alice Coltrane, and I can hear it most notably in “Making of a Rainbow”, which is admittedly my favorite track due to its leanings toward melody. This leaning, though, is so slight. It’s a (seemingly) non-played, wabi-sabi melodiousness; a poetic string of tones dictated by nature and gravity, which actually pervades this entire recording upon deeper regard. Enhancement layers of resonant bowl/water or just water are perfectly blended in at times, with sensitive attention to volume curve and chosen additive sounds.
I’m mesmerized by this recording, with the exception of the few more chaotic portions (“Mylapore”, “Jalatarangam Revisited”), which crowd out the wide spaces left, on most of the other pieces, as breathe room for the gently lulling water motions and the many breeds of soft muted ‘bong’ sounds of resonant bowls. These chaotic pieces are beautiful, too, but you would wake right back up were you to fall asleep before your phono needle reached either track. I believe a person can and should use any recording for whatever listening purpose they choose, so using this LP to nap to at times is, I guess, an acceptable possibility for some people. I myself find it way too interesting, textured, and complex to rip myself off like that.

Petriblog


 

Des quatre éléments, l’eau est sans doute le préféré de Tomoko Sauvage. Parce qu’elle en joue, après en avoir rempli des bols de porcelaine. Ombrophilia – réédité trois ans après sa première parution sur le label And/Oar – permet d’entendre les « waterbowls » (comme Sauvage les appelle en anglais).
Les expériences datent de 2006 à 2008 et sont le fruit de re-recordings et de field recordings. Evi-emment, l’eau est partout présente. Elle peut goutter, clapoter, mais aussi bien pousser une note cristalline. Alors que le toucher hydrophonique est léger et que Tomoko Sauvage est bienveillante, c’est une tendre poésie qui finit par vous éclabousser.

Le son di Grisli



Tomoko Sauvage is a Japanese musician who is based in Paris and works on self-development instrument with porcelain bowls filled with water and hydrophone for electro-acoustic performances, compositions and installations.
The inspiration for developing this instrument was the jalatarangam that is disappeared in the traditional South Indian music.
Sauvage explores the texture of the sound of water when it makes contact with the porcelain bowls and it’s recorded with underwater microphones, and uses an electronic device to create a water soundscape. To do so she moves the water, make waves or drops it into the porcelain bowls with wooden spoons and metal wire.

‘Ombrophilia’ delivers a minimalist approach in which flows a beautiful music of objects tinkling like bells. The subtlety of sound moves upon silence creating dream spaces.
Guillaume Belhomme


Loop



Die japanische Klangkünstlerin TOMOKO SAUVAGE, inzwischen in Paris verortet, hat einen neuen 'Synthesizer' erfunden.
Als ausgebildete Jazz- und Klassikpianistin stets an Klängen von Instrumenten interessiert, war sie besonders von einigen indischen Originalen fasziniert, weil diese das Geräusch von Wasser nahezu perfekt imitieren konnten. Dieser Umstand brachte SAUVAGE vor einigen Jahren auf die Idee, den umgekehrten Weg zu gehen, also nicht mit einem Instrument Wasser nachzuahmen, sondern aus Wasser ein Instrument zu machen. Sie experimentierte mit Porzellanschalen, die sie mit unterschiedlichen Mengen an Wasser und je einem Unterwasser-Mikrofon bestückte, bis sich schließlich eine Anordnung herausbildete, mit der die Künstlerin arbeiten konnte. Das Experiment mündete 2009 in ein Vollzeitalbum mit dem Namen "Ombrophilia", mit dem SAUVAGE auf zahllosen Konzerten und Ausstellungen auftrat, was unter anderem in einer Zusammenarbeit mit MOMUS mündete.

Längst vergriffen und damals nur als CD erschienen, schiebt APOSIOPÈSE RECORDS nun die Vinyl-Veröffentlichung nach.

Im Großen und Ganzen ist "Ombrophilia" eine Abfolge von natürlich klingenden, sehr organischen Gongs, durch die man sich sehr schnell in eine Art Trance versetzen lassen kann. Der Ursprung der Klänge, also Keramik und Wasser, ist hör- und fühlbar, nichts wirkt künstlich erzeugt. Durch die überwiegende Abwesenheit von Melodien oder unmittelbar erkennbaren Strukturen macht das Album über weite Strecken einen experimentellen oder improvisierten Eindruck, selbst die teilweise aufblitzenden Melodiefragmente wirken eher zufällig.
Phasenweise ist das sehr spannend zu hören, manchmal klingt das Ergebnis aber auch nur wie ein einfaches Windspiel oder Kirchenglocken. Wenn die Töne dichter aneinander stehen oder sich gar überlagern, ergibt sich auch der Vergleich mit den wuchtig geläuteten, schweren Glocken alpiner Bräuche. Kommen dann noch pure Wasserklänge dazu, lassen sich an diesen Stellen sogar Parallelen zu diversen Ur-Folk-Bands wie SANGRE CAVALLUM oder SVARROGH ziehen.

Ein sehr dichter, natürlicher Teppich aus Klängen und warmen, vollen Tönen, der übrigens erstaunlicherweise niemals besonders asiatisch klingt, sondern eher universell und weltumspannend. Als rein akustisches Ereignis an der einen oder anderen Stelle vielleicht etwas monoton, als Gesamtkunstwerk eindrucksvollt.

Appartament 18













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